Le récit du voyage, forcément un peu épique...Réveil à 4h du mat après avoir sommeillé deux heures.
Première chose : droguer le minou qui, ce matin, a décidé de ne pas vouloir de son comprimé réduit en poudre dans du thon... Pas folle la bête, il y avait eu la phase test une semaine auparavant, on la lui fait pas deux fois. Je passe donc à la phase action, avec "Tu vas l'avaler de toutes les façons"; les cachets étant petits, ça s'est fait assez facilement. Au bout de 10 minutes, le voilà qui marche tout de travers, comme
prévu. Les valises étaient bouclées la veille, pas grand chose à faire. Évidemment j'ai quand même failli oublier mon chargeur de cellulaire (c'est comme ça qu'on dit
icitte) et au final, j'ai laissé mon manteau S
essùn dans le placard ; tant pis je le récupérerai la prochaine fois !
Camille arrive et grâce à elle on descend les valises et le chat sans trop
d'encombres (
Slav s'est réveillée le dos bloqué). Le chat qui miaule dans la cage, pas trop fort, il est groggy, on part vers l'aéroport. Là on tombe sur des personnes qui ont un excédent de bagages à l'enregistrement et on
poiraute 1/2 heure comme ça. Puis le chat s'en va et c'est mon tour. Je fais le guignol au passage des rayons x : faut tout enlever, manteau, chaussures,
ceinture.
Arrivée à
Roissy, mes parents m'y attendent : c'est gentil, ça fait du bien et rend le tout plus léger. En attendant le chat, je fait marrer ma mère à travers la vitre de séparation en lui montrant la version hiver de la
chapka et été (la partie couvre oreilles relevée). Le chat récupéré, direction le terminal 3. Là aussi, j'aurai été toute seule ça aurait une galère pas possible, puisqu'il faut prendre le
CDGVal et donc laisser les chariots à bagages. Le terminal 3 de
Roissy, c'est tout un poème : il faut après le val, marcher pendant 5 minutes à l'extérieur (avec le chariot cette fois) pour rejoindre une espèce de hangar amélioré. Glauque. Le terminal des charters quoi. Juste le temps de prendre un café avec mes parents et
Oliv qui a fait le déplacement et nous a retrouvés !! Très heureuse, même si ça a été
court.
J'avais 3 kilos de plus dans mon bagage cabine, ils me les ont fait transférer dans ma valise, déjà pleine à craquer. C'était
folklo. La taille de ma
valisette cabine était vraiment à la limite (les poignées et roulettes dépassaient du calibreur, mais c'est passé, ouf. Sauf qu'une fois dans l'avion, je me suis prise une remarque par toutes les hôtesses :
- On vous a laissé passer ce bagage ?
- ben oui, regardez, j'ai l'étiquette...
puis
- Il est trop grand votre bagage, la prochaine fois, il faudra en prendre un plus petit !
- (moi, essayant de faire ma
Cosette) Oui, je sais, mais c'est pas facile une émigration... (off, "mais
lachez-moi!!")
Et là, j'ai compris pourquoi les québécois appellent Air Transat : "Air Sardine". Je ne sais pas si j'avais déjà voyagé sur des sièges aussi étroits. Pas de repose-pieds, un écran vidéo toutes les 4 rangées (au moins) et des films et émissions tout pourris. La nourriture je vous en parle même pas! Mais le pompon, c'est que je me suis retrouvée coincée contre le hublot avec à côté de moi un coupe de juifs orthodoxes
hyper sérieux (pourtant très jeunes). Et elle a passé son temps à se frotter l'entre-jambe que je me demandais ce qu'elle fabriquait... avant de comprendre qu'elle avait des démangeaisons terribles (je ne sais pas pour quelle raison, je priais juste pour que ce ne soit pas contagieux...). Je place ce vol deuxième dans le top 5 des pires vols que j'ai pu faire. La première place attribuée au Paris/
Saint-denis de la Réunion où pendant 11h, ma télécommande ne fonctionnant pas, je n'avais ni télé, ni musique, ni même veilleuse pour pouvoir lire, une seule couverture trop petite, j'étais gelée et sans oreiller cervical, j'ai passé mon temps à avoir la tête qui tombait soit côté couloir, soit sur mon voisin (non, il n'était pas charmant, ce n'était pas une occasion!).
Arrivée sur Montréal
Trudeau, je passe l'immigration assez rapidement puis récupère la bête et passe la douane. Là c'était plus long, mais tout le monde était très sympa, et ils n'ont pas fouillé mes valises. Tout a été fini en 2
heures.
Achat d'une carte de téléphone pour prévenir l'agent immobilier de mon arrivée imminente. Prise du taxi,
Laurent étant en cours et n'ayant pu se
libérer. Arrivée à mon adresse, au 4086 rue
Saint-denis (consultez vos google
map les amis). Heureusement je peux me mettre dans le couloir de la résidence, je n'ai pas à attendre dehors. Il ne fait pas vraiment froid (-10), plus peur pour le chat, encore à moitié endormi et non
protégé.
Et c'est là que le moment de panique arrive. Le couloir est vétuste, les portes, tout. Et moi en train d'attendre, sans téléphone (mais qu'est-ce qui m'a pris de résilier mon abonnement aussi tôt ?!), et sans moyen d'aller à une cabine publique, en laissant toutes mes affaires dans le couloir. Je sonne à l'appartement 7, me disant qu'il était peut-être déjà arrivé, et là c'est une fille qui sort. Je me dis que je me suis peut-être trompée de numéro. Mais c'était tout sombre derrière elle. Les idées s'enchaînent : en fait, les
apparts sont vieillots, tout sombres, ils doivent donner dans une cour intérieure... je vais passer 5 semaines dans un truc moche vétuste ET glauque... et peut-être que je me suis faite avoir, personne ne va venir, c'était une arnaque, j'ai payé 1000 dollars pour rien... c'est ça, mais ma
pauv' fille, qu'est-ce qui t'as pris de tout plaquer pour venir dans un pays où t'as jamais mis les pieds ??? ...
La voilà, la panique qui tord les intestins et qui monte à la tête. Allez respire... inspiration, expiration, de toutes les façons, on s'habitue à tout, tu verras...
Et là, l'agent sort par la porte à laquelle j'avais sonné. En fait, c'était un vestibule commun à deux appartements, il y avait deux sonnettes... et soulagement tellement intense quand je vois l'appartement, que les larmes me montent! Il est
cute, tout est neuf ou presque, il a un beau parquet en "bois franc". Je vous mets les photos ci-dessous, elles sont un peu sombres, normal pour celles à contre-jour. C'est tout équipé (sauf
laveuse-sécheuse, il faudra que j'aille au coin de la rue), écran
LCD, canapé cuir tout neuf,
méga lit
king size, que j'y dort pratiquement à l'horizontale et surtout, le plus important : téléphone et internet !!! Benoît et
Nadia (les agents) sont absolument adorables, très
serviables.
Voici le salon, avec la porte "de secours" qui donne sur l'extérieur avec un escalier tout couvert de neige :

Le coin cuisine, avec l'eau qui chauffe pour le thé,
of course :

Ma chambre, plus grande que celle de
Montpellier. Admirez la taille du lit. C'est décidé, je m'achète le même pour mon futur appartement. De toutes les façons, c'est la norme
icitte :

Et l'autre côté de la chambre, avec les commodes de rangement :

L'un de mes deux
dressing " à l'américaine" : lumière à l'intérieur, et je peux y entrer. Pratique, j'y ai casé mes cartons de déménagement!

J'y suis bien, à tel point que je me dis que si je n'ai pas trouvé un appartement à mon goût/mes moyens pour le premier mars, je pourrai
renouveler la location de celui-ci. Ils sont
ok, ils me le réservent et on verra mi février.